Homepage of the site 'What to do with your life?'
      

Faut-il écouter ses émotions ?

Le cerveau des humains n'est pas le résultat d'une amélioration générale vers la rationalité d'une fonction cérébrale unique, mais plutôt l'ajout de nouvelles fonctions à coté des fonctions existantes. Ainsi, quand nous utilisons notre capacité la plus évoluée, à savoir la résolution de problème, nous n'utilisons pour cela qu'une partie de notre cerveau, la raison. Or, dans le même temps, une autre partie, l'affect, traite le même sujet sur des bases plus émotives (peur, détresse, plaisir, joie, etc).
Qu'est ce qui arrive si la raison et l'affect débouchent sur des conclusions très différentes concernant l'attitude à tenir ?

Si l'affect l'emporte, que la raison capitule fasse à l'émotion, nous régressons et prenons de mauvaises décisions. Voir la question 'Comment vaincre la peur ?'
Voir aussi le paragraphe 'le populisme' ci-après.

Si la raison s'impose à l'affect, alors nous risquons a minima d'avoir des difficultés lors de la quatrième étape de la résolution de problèmes, à savoir la mise en oeuvre, par manque d'énergie. Nous gaspillons notre énergie à lutter contre nous même. Cela peut se traduire par de la procrastination, mais aussi aller jusqu'à la somatisation, c'est à dire le corps qui dysfonctionne sous l'effet de l'affect, pour infléchir la raison.

Enfin, on peut opter pour un compromis. Il en existe deux types.
Le premier type de compromis consiste à adopter une solution intermédiaire entre ce que voudrait la raison et ce que voudrait l'affect. Le risque de cette option est que la solution de compromis ne soit pas conforme à la raison du tout. Il est donc important dans ce cas de reprendre la résolution de problème au niveau de l'étape d'analyse pour y ajouter les contraintes liées à l'affect, et surtout de l'étape élaborer une solution, pour vérifier la pertinence de la solution de compromis finale.
Le second type de compromis consiste à mettre en oeuvre à vitesse réduite la solution décidée et validée par la raison.

De manière plus générale, il est judicieux de se représenter comme constitué de deux individus. Un individu 'raison' qui avance assez vite dans la vie en accumulant nouvelles expériences et nouvaux savoirs, et un autre 'affect' qui avance plus lentement parce qu'il a tendance à rester très largement déterminé par les expériences de la petite enfance ainsi que nos prédispositions innées. Il convient donc que notre individu 'raison' se comporte comme un parent bienveillant de notre individu 'affect'. Pour cela, notre raison doit aider notre affect à grandir lentement, souvent en le rassurant et l'encouragent, sans le brusquer, ni ignorer sa présence.
On peut au final résumer tout cela sous la forme : il faut devenir son propre parent.

Effet collectif : le populisme

Le populisme est la technique de conquête du pouvoir basée sur l'utilisation collective, à rebours, de la mécanique que nous avons décrite au début de cette question. Il tend donc à réunifier la raison et l'affect en faisant régresser la raison. Pour cela, on sert un discours qui emporte facilement l'adhésion de la raison, via des évidences trompeuses, souvent simplistes, tout en ciblant en réalité l'affect, souvent les peurs, d'une partie significative de la population. De ce fait, en unifiant cyniquement raison et affect, le populisme génére une adhésion, un ferveur, une impulsion, une capacité d'action, bien supérieure à celle produite par un discours rationnel cohérent.

 

New comment

From :

Message Title:

Message: