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Qu'est-ce que la non-dualité bouddhiste ?

Il s'agit d'une notion assez difficile à saisir, parce-que nous occidentaux, héritiers d'une culture judeo-chrétienne, avons tendance à interpréter la non-dualité comme la fin du manichéisme, c'est à dire l'interpréter en termes de bien et de mal.
Je vous propose d'interpréter la notion de non-dualité comme ne pas opposer ce qui est avec ce qui devrait être, ou plus exactement ce que l'on aimerait qui soit.

L'interprétation judeo-chétienne biaisée de la non-dualité

In the Judeo-Christian system, humans are often seen as torn between two forces: good and evil.

Cette représentation duale du monde conduit les individus plutôt vertueux à vivre dans une prédominance de culpabilité liée à leurs fréquents échecs à contenir leurs pulsions. C'est ce qui a été à la source de l'engouement pour la sagesse orientale Bouddhiste, largement diffusée par les livres et films de Arnaud Desjardin, qui semblait capable de libérer l'individu de cette culpabilité. Pour les individus provenant d'une culture judeo-chrétienne, qui découvrent la culture orientale, la non-dualité est donc au départ perçue comme la fin de l'enfermement dans la culpabilité liée à la dualité vue comme l'opposition du bien et du mal. L'éveil de la spiritualité orientale est la promesse d'un bonheur accessible en ce bas monde.

What is duality?

Pourtant, son maître indien, qui n'était pas pris dans une culture judeo chrétienne centrée sur l'opposition du bien et du mal, ne disait pas à Desjardin « Don't be manicheist » or « Don't bother if it's nice or bad ». Il lui disait, d'après les propos de Desjardin lui même : « Be one with » que je traduis très librement par « Ne te dissocie pas des faits » pour rendre la phrase plus claire pour qui n'a pas de culture Bouddhiste.

Nous en arrivons à l'interprétation que je vous propose de la non-dualité, qui est : ne pas interposer entre soi et les faits, une représentation de ce qui devrait être.
Here is an illustration of such a mental interposition: “people should be less materialistic” is dual because it consists of mentally creating a second world in which people are less materialistic.

Let's start by explaining why the individual is tempted to do this. As soon as we move on to a dual interpretation of the world, that is to say that we mentally create what should be, we automatically place the gap between what is and what should be in what does not

The problem with this trick is that it overlooks the pernicious aspect of resolving cognitive dissonance.

Finally, note that most of the time, the dilemma of disagreeing comes in the form: in a meeting, a person presents a fact that you know is not correct.

The Buddhist vision and its limits

Dans la tradition Bouddhiste, on explique la non-dualité comme le fait de ne faire qu'un avec le tout. En particulier, le créateur et le créé ne font qu'un. Cependant, une telle définition ouvre une difficulté majeure au niveau de la capacité de l'individu à s'opposer à la tyrannie. De tels problèmes se posent chaque fois que l'on privilégie une explication unaire du monde (non-dualité), binaire (Manichéisme ou Yin et Yang), ou ternaire (le père, le fils et le saint esprit du Catholicisme). Il en résulte d'infini débats, comme durant tout le moyen âge entre l'unicité ou la trinité divine.
C'est pour cela que nous avons retenu une définition de la non-dualité légèrement décalée par rapport à la tradition Bouddhiste.

Buddhism also has a major contradiction:
1. The way to wisdom is to free yourself from beliefs.
2. Buddhists believe in reincarnation, in complete contradiction to 1.
Une fois adopté notre définition de la non-dualité, on est amené à conclure que le Bouddhisme est dual, parce qu'il interpose entre le monde des faits et soi un monde imaginaire où la réincarnaton serait une réalité objective.

Buddhism as a doctrine is dual, with the same motivation as the individual: disempowerment. We find here the parallel with Catholicism, which by creating the notion of life after death, of paradise and hell, invites the masses not to fight social injustices in this world.
This is why Krisnamurti rejects all religions, including Buddhism.

Deepen

See the question 'Do not judge'

Consulter le chapitre « Effets de la soumission forcée : théorie » dans le livre A theory of cognitive dissonance by Leon Festinger.

Read Eichmann in Jerusalem by Hannah Arendt:
« « L'émigrant intérieur » sauve sa conscience en étant pas d'accord dans son fort intérieur, mais sans changer son action ... pour ne pas être démasqué ! »

Pour une description plus détaillée de la non-dualité (Bouddhiste) résultant d'une représentation unaire du monde, voir l'introduction du livre Le sens des choses : entretiens sur la non-dualité de Francis Lucille.

Concernant les limites du Bouddhisme, se référer au documentaire Bouddhisme, la loi du silence de Elodie Emery et Windrille Lanos, diffusé par Arte, et probablement disponible sur Youtube. Il montre l'incapacités de hauts dignitaires bouddhistes à prendre leurs responsabilités face à un problème d'abus.

(1) See the program Rencontres on CBC/Radio-Canada in 1972, with Arnaud Desjardin, at 3:00 p.m. (available on Youtube under the title 'Interview with Arnaud Desjardin in 1972')

 

2023-05-15 12:32:46   Vincent P   La contradiction du Bouddhisme et religions

Le problème de toute tradition c'est qu'il s'agit d'un système pour faire parvenir à un humain (avec un ego) de bien vivre par rapport à la réalité (Dieu) dans la mesure de ce qu'il peut expérimenter.

Les croyances dans les religions interviennent pour ce qui ne peut être expérimenter par l'égo.

Quand à la croyance de la réincaranation :
Il s'agit bien d'une croyance pour l'égo mais une personne réalisée (tel que fut Jesus Christ ou Gautama) le vivra comme une réalité.

Ultimement il ne faut pas s'en tenir aux croyances et faire le travail nécessaire pour que notre perception soit au plus proche de la réalité. Et il n'est ici pas question d'analyse.

2023-05-16 10:12:18   Hubert   Re: La contradiction du Bouddhisme et religions

Vous tombez dans le panneau du marketing sprirituel : « Il s'agit bien d'une croyance pour l'égo mais une personne réalisée (tel que fut Jesus Christ ou Gautama) le vivra comme une réalité. ». Toutes les croyances sont vécues comme des réalités par les personnes qui les ont. Le fait de se sentir 'réalisé' ne change rien à l'affaire.

Et juste après, votre bon sens revient en force : « Ultimement il ne faut pas s'en tenir aux croyances et faire le travail nécessaire pour que notre perception soit au plus proche de la réalité ». Absolument !

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